• Ali Ertem
    Président de SKD - Francfort Paris, 24 avril 2002


  • Je m'incline avec respect devant la mémoire des victimes du génocide et je partage de tout mon cœur la peine que la nation arménienne éprouve à cause de la blessure ouverte du génocide subi.

  • Il y a 87 ans, aujourd'hui, à Istanbul les intellectuels et notables arméniens ont été arrêtés et déportés. Nous connaissons la suite. Dans l'espace de 18 mois, des Arméniens, des Assyriens et autres, au total 1 million et demi d'hommes et de femmes ont perdu leur vie sur les routes de la déportation et dans le désert de la Syrie. Le Génocide n'a pas seulement tué des hommes mais il a anéanti aussi les cultures, les religions et les histoires. La turquification de l'Anatolie a continué avec la déportation et les massacres des Grecs et même après la constitution de la République turque on a renié les Kurdes et on continue à le faire.

  • Après l'avènement de la République, l'histoire falsifiée par le pouvoir continue à traiter le génocide des arméniens comme un tabou. Les anciens mensonges et calomnies utilisés comme arguments dans la thèse turque ; " collaboration avec l'ennemi ", " morts par la famine et la maladie ", " rébellion contre les autorités ", " conflit et combats des deux côtés ", " massacres des deux côtés ", " les Turcs massacrés par les Arméniens " etc., qui n'ont aucune crédibilité vis à vis de l'opinion publique mondiale, continuent à être utilisés jusqu'à ce jour.

  • Le négationnisme de la Turquie malgré les évidences historiques et les spéculations honteuses sur le nombre des victimes ne sont pas acceptables.

  • Demander à un peuple, qui a subi un génocide, d'oublier ce qui s'est passé c'est de commettre un deuxième génocide. La reconnaissance par la Turquie du génocide arménien ce n'est pas seulement une question de moral mais aussi une question politique. Tant que la conscience de la nation turque n'aura pas condamné le Génocide, tant qu'un président de la République turque n'aura pas assumé le passé, à l'instar d'un Willy Brandt, on ne pourra pas parler ni d'un changement dans la vie démocratique turque ni même d'un espoir de changement dans ce sens. La perspective d'une réconciliation entre les peuples qui se sont éloignés l'un de l'autre par des génocides, des massacres ou exil ne peut se concevoir que si on ose affronter son histoire, négocier, apprendre et faire les efforts nécessaires pour soigner les blessures du passé. La prévention des crimes, des massacres et des génocides, passe par ce chemin.

  • Pour que la Turquie puisse dialoguer avec les peuples qui ont subi des massacres, l'exil et le génocide il faut qu'elle devienne un Etat démocratique et respecte les droits de l'homme. Pour qu'elle devienne un Etat démocratique et respectueux des Droits de l'homme il faut qu'elle arrête de participer à la " caravane de mensonges " et au lieu de voir seulement ses drames il faut qu'elle s'intéresse aussi aux tragédies des autres.

  • Nous critiquons et refusons la politique de la Turquie qui consiste à blesser, martyriser jour après jour les victimes du génocide.

  • Nous demandons à la Turquie de reconnaître le Génocide et d'assumer la réparation de toutes les conséquences du Génocide.

  • Les remparts des mensonges, des négations et des calomnies seront sûrement vaincues ; la vérité sur le Génocide arménien sera admise par l'humanité entière.

  • Je vous remercie de tout mon cœur pour votre patience et je vous salue respectueusement.
à compléter